Les défricheurs d’Eric Dupin

Le dernieindex2r ouvrage d’Eric Dupin, journaliste et essayiste, intitulé « Les défricheurs », nous démontre que nous sommes de plus en plus nombreux à désirer un avenir autre que celui de la seule société de consommation. Les sociologues nous appellent les culturels créatifs ou plus concrètement les « petits bobos-gaucho-écolo-classe-moyenne éduquée » Je préfère la deuxième dénomination, beaucoup plus concrète, même si elle est longue à lire!

– Remettre l’humain au centre de l’activité économique, mettre en phase sa conviction personnelle de la nécessité d’un moindre impact sur notre environnement avec ses actes quotidiens, prendre en main son avenir et ne pas attendre que quelqu’un d’autre, et l’Etat en particulier en France, le fasse – sont les points communs de cette communauté.

Les portraits sont fouillés et très réalistes : on y lit les bons et les mauvais côtés des expériences menées, dont l’objectif est de tester d’autres moteurs de production et de développement de nos sociétés. Des commencements de réponses aux questions que nous nous posons tous s’y trouvent. Bonne lecture…..

 

 

 

 

Marre d’être schizophrène ?

Le capitalisme s’empare maintenant du développement durable entamant ainsi une nième mue.

« Enfin ! » diront certains, « hypocrites ! » diront les autres. Si le monde économique revoit ses modèles c’est peut-être par pur opportunisme pour quelques-uns car « c’est tendance » mais c’est aussi par nécessité pour d’autres …. et pourquoi pas ….. par conviction pour quelques uns.

Si on leur laissait le bénéfice du doute à ces entrepreneurs, à ces cadres qui eux aussi se désintoxiquent de 30 ans de réussite exclusivement mesurée à l’aune de la performance financière à court, à très court terme.

Considérons simplement que ces décideurs sont aussi des citoyens, des parents, des consommateurs, sans être des « kmehrs verts », ils constatent eux-aussi que l’on va dans le mur, la vulgarisation des problèmes de pollution, de pénuries des ressource et de réchauffement climatique sont expliqués chaque jour par les media, de la presse aux blogs en passant par la radio et la télévision. Tous les organes de presse décortiquent et débattent de la question au gré des événements organisés ou subis (catastrophes naturelles) avec, en sus, la formidable résonance qu’apporte l’Internet.

Nous voyons bien « qu’il faut tout changer pour que rien ne change[1] », changer mais on ne sait pas comment et chez beaucoup, le bon consommateur et le mauvais citoyen s’affrontent. Ainsi que le démontre Robert Rochefort dans son ouvrage [2], il nous est bien plus agréable de réaliser des actes d’achat et de prendre des décisions qui ne contrarient pas nos attentes et nos convictions profondes. Petit à petit, chacun mène sa cure de désintoxication et arbitre à chacun de ses achats, local ou bio ? / réparable mais cher / fabriqué en France ou équitable ? Nous arbitrons tous ces choix d’acheteurs en nous arrangeant avec notre conscience, avec nos informations avec nos contraintes.

Ainsi, personnellement et professionnellement nous changeons, sous la pression de prises de conscience et d’information, sous la pression des contraintes économiques et des obligations, nous changeons.

Personne n’achète par plaisir un produit qui n’est ni solide, ni réparable, dont il sait que les conditions de production et de destruction sont problématiques. En revanche nous faisons tous quotidiennement l’expérience d’une certaine auto-satisfaction quand nous avons pu arbitrer et choisir le produit ou le service qui satisfaisait simultanément plusieurs attentes et ne contredisait pas nos convictions.

[1] Dixit  Giuseppe Tomasi di Lampedusa  dans « le Guépard »

[2] Le bon Consommateur et le mauvais citoyen – Robert Rochefort – Ed° Odile Jacob

L’innovation dans les entreprises vue par la génération des « Millénaires »

Millennials

L’étude menée par le cabinet Deloitte Touche Tohmatsu fin 2012 sur la perception de l’innovation par les moins de 30 ans ne nous surprendra pas : si 78% des personnes de la génération Y interrogées considèrent que l’innovation est essentielle pour la croissance des entreprises, 34% d’entre elles considèrent que l’innovation  passera par la prise en compte des challenges environnementaux. Item le plus cité d’ailleurs par les jeunes brésiliens ! L’innovation durable telle que nous la décrivons sera donc le moyen essentiel pour un bon développement et une croissance solide des entreprises dans les 20 prochaines années.

Le chômage, le vieillissement de la population, l’agitation sociale et les inégalités de revenus complètent le tableau.

L’autre bonne nouvelle, c’est que l’innovation dans les entreprises passera par des démarches de collaboration et de coopération : 37% avec d’autres entreprises, 24% avec l’état et les organisations de la société civile et 20% avec les universités. Cette tendance est marquée dans plusieurs pays comme la France, l’Afrique du Sud, les Pays-Bas et la Corée du Sud.

Autre précision à noter : selon l’étude, l’innovation devra se faire au bénéfice des collaborateurs et surtout des clients, pour satisfaire leurs besoins ; et pas seulement pour sa santé financière ! 87% des personnes interrogées estiment d’ailleurs qu’une entreprise ne doit pas être évaluée selon les seuls critères financiers.

La nouvelle génération place l’innovation, l’entreprise et l’homme au coeur de sa vision du futur : une leçon de réalisme et d’optimisme pour les décideurs actuels !

Pour télécharger l’étude, cliquer ici.