Les algorithmes, arme de destruction massive du XXIème siècle

Le Big Data est le nouvel eldorado de l’économie mondiale numérisée et nous promet une vie plus facile et meilleure.
Mais, comme le note Hubert Guillaud de la FING dans son article  » les algorithmes doivent rendre compte de leurs impacts » , « le Big Data est avant tout un monde de boîtes noires ».
N’oublions pas que toute économie ou toute société n’est solide et pérenne qu’à travers la confiance entre un acheteur et un vendeur, entre un citoyen et un autre citoyen. On le voit à travers l’essor actuel de l’économie collaborative.
Les controverses, puis les procès, ne vont pas tarder à poindre leur nez  !!!!!

 

La sécurité et la loi vont – elles tuer Internet?

Internet est devenu pour tous un outil quotidien en très peu de temps, signe de son utilité. A tel point que certains experts en explorent les limites d’usage, comme l’avocate Jennifer Granick dans un récent article.

Si Internet était au départ le symbole de la liberté individuelle et de l’autonomie, son fonctionnement actuel s’oriente vers la propriété : quelques sociétés privées captent les données personnelles de millions d’internautes.  Il y a de plus en plus de contrôles et de lois et de moins en moins de confidentialité.

Tous les acteurs sont concernés : en premier lieu, nous, les internautes, qui cédons à la facilité : il est plus convivial de mettre ses données sur le Cloud que de penser à faire régulièrement des sauvegardes sur disque externe !!! Quand c’est trop facile, la déception n’est jamais loin…..

Nous avons, d’après Jennifer Granick, une autre difficulté :  « … elle explique que cet échec est lié au fait que notre capacité à connaître, modifier et faire confiance à la technologie que nous utilisons est limitée à la fois par la loi et notre capacité à comprendre les systèmes complexes. La loi empêche de plus en plus de bricoler, de détourner, de contourner, de regarder à l’intérieur des logiciels… »

Après l’apprentissage du code à l’école, devrions-nous aussi y apprendre les principes de la complexité ? J’en suis, pour ma part, totalement convaincue. Comprendre les systèmes complexes nous permet d’appréhender notre environnement et nos relations avec beaucoup plus de simplicité et nous apporte des réponses simples à des situations incompréhensibles, si l’on utilise seulement nos repères purement cartésiens. Je vous suggère de visiter le blog de Marc Halévy sur cette thématique.

Un exemple frappant de système complexe, que nous vous avons présenté dans un précédent article : les fractales.

La transformation du capitalisme

Le capitalisme multiforme est une nouvelle fois en phase d’adaptation.

Il faut lui reconnaître une exceptionnelle capacité d’évolution qui explique pour beaucoup son apparente victoire par KO sur tous les autres systèmes économiques.

Les potentialités dégagées par les innovations et les défis qui se présentent (mondialisation – fin des énergies fossiles – réchauffement climatique – démographie – Interconnexions) touchent toutes les structures quelles que soient leur taille, leur localisation, leur activité, leur positionnement. La question n’est plus : « faut-il plonger dans l’océan des changements à venir mais plutôt comment nager ? »

Historiquement, le capitalisme a d’abord été familial, puis industriel ; il est devenu transcontinental et financier.

Ainsi que le démontre André Gortz[1], la séparation du travailleur et de son outil de travail, la division du travail, qu’elle relève du taylorisme ou des soviets, est à l’origine de la surproduction et de la surconsommation.
–   Surproduction car chacun n’a plus la conscience de l’entièreté de son « ouvrage ».
–   Surconsommation car les produits achetés deviennent de nouveaux repères qui nous positionnent sociologiquement les uns par rapport aux autres.

Daniel Cohen a expliqué le stade ultime de la division du travail. Les fonctions de l’entreprise sont maintenant éclatées dans le monde poussant à son maximum la perte d’identité des entreprises qui ne font plus chacune que des « morceaux de valeur ajoutée ». Le bureau d’étude est dans un pays, la fabrication dans un autre, le service consommateur dans un 3ème sans que l’ingénieur ne croise plus le responsable RH ou l’ouvrier ou le service après-vente.

Cette analyse concerne beaucoup et de très grandes entreprises dont les marques nous sont familières. Pourtant, il est difficile et réducteur de parler des entreprises en général. Qu’ont de commun celles dirigées par des fonds d’investissement, filiales de filiales, dont les salariés connaissent à peine ceux qui les dirigent, et celles qui composent le capitalisme patrimonial.

Les dirigeants des premières ne sont que de passage, quelques années le temps de prendre ce qui est à prendre puis de revendre l’entreprise par appartement. (Le départ de Michel Bonnet, pdg d’Alcatel Lucent, en est l’exemple type.)

Les secondes ont un seul objectif, qui supplante tous les autres, la pérennité …. Ce qui est l’opposé de l’immobilisme.

Ainsi, selon le principe Darwinien de sélection des espèces, ce ne sont pas les entreprises les plus grosses ni les plus rapides qui survivront mais celles qui sauront s’adapter au nouveau monde.

Quand il n’est pas étranglé par des donneurs d’ordre, le capitalisme dans sa forme patrimoniale dispose intrinsèquement des ressorts nécessaires à l’évolution. Ces mêmes ressorts, ces mêmes méthodes pratiquées maintes fois permettent de nouveau à ces entreprises de créer de nouveaux produits ou services, d’imaginer de nouveaux modèles économiques pour survivre à la 3ème révolution industrielle.

Cette recherche de pérennité amène des comportements très « durables » qui trouvent leur pendant dans le monde du vivant :
–   Optimiser plutôt que maximiser
–   Evoluer en permanence mais éviter les changements brutaux
–   Collaborer plutôt que combattre
–   Rentabiliser toute dépense
–   Ne consommer que ce dont on dispose
–   Faire des réserves en prévision des temps difficiles
–   Etre multitâche
–   Collaborer
–   Grandir ensemble
–   Réutiliser

Le capitalisme va survivre, sous une nouvelle forme, que nous voyons biomimétique pour que l’économique soutienne le social et l’environnemental.


[1] André Gortz « Ecologica »

L’humour est-il la meilleure façon de sensibiliser le public aux questions d’écologie ?

Protea Celia

 

Emotion et répétition sont les deux ingrédients indispensables à la mémorisation d’un message et à l’évolution des comportements. L’émotion peut-être dans la menace, la crainte de ce qui nous attend ou dans le rire, la joie. Dans les 2 cas, c’est le sens de l’urgence qui doit être compris …… A la différence près que c’est plus agréable de comprendre en souriant ! Ce n’est sans doute pas un hasard si cette campagne est née en Asie.

En Chine, une superficie grande comme 2 fois la France est devenue tellement irrespirable que l’on envisage de créer des villes sous cloche rassemblant les conditions climatiques de la méditerranée avec soleil garanti (là bien-sûr, on ne sourit plus du tout !)

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Marre d’être schizophrène ?

Le capitalisme s’empare maintenant du développement durable entamant ainsi une nième mue.

« Enfin ! » diront certains, « hypocrites ! » diront les autres. Si le monde économique revoit ses modèles c’est peut-être par pur opportunisme pour quelques-uns car « c’est tendance » mais c’est aussi par nécessité pour d’autres …. et pourquoi pas ….. par conviction pour quelques uns.

Si on leur laissait le bénéfice du doute à ces entrepreneurs, à ces cadres qui eux aussi se désintoxiquent de 30 ans de réussite exclusivement mesurée à l’aune de la performance financière à court, à très court terme.

Considérons simplement que ces décideurs sont aussi des citoyens, des parents, des consommateurs, sans être des « kmehrs verts », ils constatent eux-aussi que l’on va dans le mur, la vulgarisation des problèmes de pollution, de pénuries des ressource et de réchauffement climatique sont expliqués chaque jour par les media, de la presse aux blogs en passant par la radio et la télévision. Tous les organes de presse décortiquent et débattent de la question au gré des événements organisés ou subis (catastrophes naturelles) avec, en sus, la formidable résonance qu’apporte l’Internet.

Nous voyons bien « qu’il faut tout changer pour que rien ne change[1] », changer mais on ne sait pas comment et chez beaucoup, le bon consommateur et le mauvais citoyen s’affrontent. Ainsi que le démontre Robert Rochefort dans son ouvrage [2], il nous est bien plus agréable de réaliser des actes d’achat et de prendre des décisions qui ne contrarient pas nos attentes et nos convictions profondes. Petit à petit, chacun mène sa cure de désintoxication et arbitre à chacun de ses achats, local ou bio ? / réparable mais cher / fabriqué en France ou équitable ? Nous arbitrons tous ces choix d’acheteurs en nous arrangeant avec notre conscience, avec nos informations avec nos contraintes.

Ainsi, personnellement et professionnellement nous changeons, sous la pression de prises de conscience et d’information, sous la pression des contraintes économiques et des obligations, nous changeons.

Personne n’achète par plaisir un produit qui n’est ni solide, ni réparable, dont il sait que les conditions de production et de destruction sont problématiques. En revanche nous faisons tous quotidiennement l’expérience d’une certaine auto-satisfaction quand nous avons pu arbitrer et choisir le produit ou le service qui satisfaisait simultanément plusieurs attentes et ne contredisait pas nos convictions.

[1] Dixit  Giuseppe Tomasi di Lampedusa  dans « le Guépard »

[2] Le bon Consommateur et le mauvais citoyen – Robert Rochefort – Ed° Odile Jacob

Le marketing durable

Le premier rôle du marketing est d’anticiper les besoins et les attentes du client final pour valoriser l’innovation sur son marché.

Pour passer de l’idée au marché, pour que l’invention devienne une innovation, elle doit être rentable. C’est le deuxième rôle du marketing.

En troisième lieu, le marketing est le communicant de l’entreprise, en externe comme en interne, et à tous les niveaux pour éviter les déperditions d’énergie dues aux freins au changement et fédérer toutes les parties prenantes vers un seul et unique cap.

Adopter une démarche biomimétique, quand on lance un projet d’innovation, c’est augmenter la probabilité de le concrétiser durablement, c’est assurer sa rentabilité, c’est faciliter sa mise en oeuvre en limitant les freins au changement.

  • Améliorations continues plutôt que révolution dont on ne maîtrise pas les effets.
  • Créées dans et par l’entreprise plutôt qu’avec des directives arbitraires venant de l’extérieur.
  • Acceptant les essais, les erreurs et les corrections.
  • Créatrice de valeur ajoutée grâce à de nouveaux produits ou services.
  • Préservant la cohésion interne quand elle touche les process.