La naïveté française

Ne manquez pas cet article de François Nemo sur l’avenir de nos startup et entreprises du numérique, qui reprend une idée qui nous est chère à l’agence : Nos excellents ingénieurs et experts doivent comprendre rapidement que ce n’est plus seulement la technologie qui permettra le développement et le succès de leur startup ou leur entreprise, mais bien le décryptage et la compréhension de son écosystème. Il y a nécessité de prendre de la hauteur ou de changer d’échelle !
La nature a expérimenté avec succès ce changement d’échelle à travers la complexité qu’elle a déployé depuis des millions d’années. L’exemple des fractales est saisissant de simplicité.

Catherine De Wolf et Etienne Klein : le monde de demain

2 articles récemment lus dans la newsletter de Soon Soon Soon me donne matière pour réagir : Etienne Klein , lors de la Up conférence, dit : « La société n’imagine plus son futur, elle n’a pas de projet collectif. De ce fait, aujourd’hui, l’innovation est mise en avant pour elle-même. L’idée est d’innover pour innover, et non pour remplir un objectif. Or il faut donner une finalité à l’innovation, sinon elle est mortifère. Il est nécessaire d’avoir un imaginaire. »

Le futur de notre société, le projet collectif en mesure de la mobiliser, passe de manière certaine par la protection de notre planète. Catherine De Wolf, ingénieur architecte au MIT, l’appelle écologie.

Peu importe les termes employés, l’essentiel consiste à concentrer toutes ces belles énergies créatives humaines vers l’action !!!

 

 

 

 

L’économie mondiale à trois vitesses

La mutation de notre monde est en route : l’article de Steve Denning, auteur de plusieurs livres sur le leadership dans l’entreprise et le management de la connaissance, décrit très simplement les trois économies qui cohabitent actuellement dans le monde, leurs buts respectifs et l’avenir de chacune d’elles : Economie Traditionnelle, Capitalisme Financier et Economie Creative. Cette dernière va prédominer dans les prochaines années! L’intégralité de l’article est ici.   L’Economie Creative vous séduit-elle ?…….

Charlotte Perriand innovait-elle selon une demarche Biomimetique ?

Non bien sur ….. ou plutôt …. Oui bien sur. Oui mais sans qu’il lui soit nécessaire de dénommer ainsi sa démarche, juste parce qu’elle relève du bon sens, tout comme le biomimétisme.

Inventer des meubles en tirant parti des matériaux et des savoir-faire locaux, c’est ce qui transparait de façon éclatante dans l’exceptionnelle exposition « Charlotte Perriand et le Japon » qui lui est consacrée jusqu’au 26 mai 2013 au Musée d’Art Moderne de Saint Etienne dans le cadre de la Biennale du design.

En 1940, Charlotte Perriand est invitée au Japon. Alors que ce pays veut s’ouvrir à la modernité occidentale, Charlotte Perriand n’aura de cesse de démontrer que l’innovation doit exploiter les matériaux et les savoir-faire locaux. Elle refuse de faire table rase du passé mais propose aux Japonais que leur ouverture à l’Occident se fasse sans nier les traditions « Regardez mais ne copiez jamais, inventez une modernité a partir de votre âme Japonaise ». Les meubles issus de cette confrontation actualiseront les formes traditionnelles avec des matériaux modernes ou, à l’inverse interprèteront des formes nouvelles à partir de matériaux locaux (chaise longue en bambou, cannage de sièges réalisé en tressant des feuilles comme les capes de pluie des paysans).

Bien avant la mondialisation commerciale, Charlotte Perriand aura permis la rencontre de cultures pour des enrichissements réciproques, c’est le propre d’une démarche qui accepte la confrontation pour favoriser l’innovation.

L’intitulé de sa première exposition à Tokyo en 1941 : Sélection – Tradition – Création, signe sa démarche, faire avec l’environnement, garder le meilleur, s’appuyer sur les habitudes pour imaginer des objets nouveaux, des solutions nouvelles. 

201302_Expo_Perriand_StEtienne

Un silence assourdissant | Le nouvel Economiste

Comme je suis en accord avec Hubert Jaoui ! Combien de structures dédaignent la créativité trop éloignée du « vrai travail » pour accepter son efficacité !

Hubert Jaoui traduit bien ici l’absence de considération qu’on la plupart des dirigeants pour la créativité. Cessons de penser que nous sommes tous des êtres rationnels, ne prenant nos décisions qu’après analyse factuelle et arbitrage raisonnable. Acceptons la part émotionnelle de nos choix. La créativité permet de comprendre ces émotions qui nous gouvernent et donc de trouver les ressorts qui feront accepter le changement.

C’est ainsi que la publicité fonctionne depuis toujours et, quel que soit le jugement que l’on porte sur les grandes marques, force est de reconnaitre qu’au global elle s’y entendent pour nous amener à changer nos habitudes !

Et si nous acceptions d’utiliser leurs outils de créativité pour mener les réformes urgentes ? pour convaincre chacun d’adopter des comportements plus respectueux de l’environnement ? Un silence assourdissant | Le nouvel Economiste.

La Biennale du design de Saint-Etienne

Cette manifestation où les designers du monde entier s’interrogent au-delà de leur discipline et présentent projets et réalisations a lieu à Saint Etienne. Cette année, elle illustre ce que peut faire une ville qui, refusant de céder à la sinistrose, a su s’inventer un Océan Bleu.

Le thème de cette 8ème édition : l’Empathie ou l’expérience de l’autre permet d’insister sur l’absolue nécessité de co-construire l’innovation. L’occasion de voir que le design est bien plus qu’un décor convoqué pour faire joli après que le R&D ait consacré les budgets aux seules inventions technologiques. Le design doit être intégré en amont des projets en co-construction avec les futurs utilisateurs de produits ou services en devenir. Depuis quelques éditions, les projets présentés à la Biennale attestent de la prise de conscience écologique. Même si ce n’est pas le but premier de leurs travaux, peu de designers ignorent la nécessite de concevoir des produits respectueux de l’environnement. Ainsi les matériaux sont recyclables et/ ou issus de matériaux recyclés, les appareils veillent à être économes en énergie etc. Voici les choses vues qui entrent en résonance avec ce qui nous préoccupe dans ce blog :

  • Watercone, un dessalinisateur d’eau qui fonctionne sans moteur, ni produit chimique mais utilise le bon vieux principe évaporation-condensation.
  • Une veilleuse substrat conçue par Helena Amalric en collaboration avec le biologiste Didier BLAHA. Pour veiller sur les bébés, elle installe dans un bocal des champignons luminescents…. zéro électricité, zéro piles.
  • Dans l’exposition Traits d’Union, le MOBO, (BETC Design / Orange) petit container sympathique qui sourit aux gens venus lui donner leur mobile pour être recyclé
  • la Pausette de l’expo Artifact, malin et qu’il serait bien utile de généraliser vu le nombre de poteaux qu’il y a dans nos villes
  • Dans l’expo « Demain c’est aujourd’hui », le vélo en kit de ProdUser : seules les pièces qui assemblent les tubes sont vendues, …. et pour les tubes, on met ce qu’on a sous la main.
  • Egalement dans « Demain c’est Aujourd’hui » Take Away Data de Marta Polenghi et Kristina Sandqvist est un ticket de caisse qui vous donne des infos intelligentes sur vos achats (attention gluten si vous êtes allergique, combien de bouteilles de soda bues dans la semaine, il ne te manquerait pas un peu de lessive ? … etc.)
  • Humanitaria design bureau transforme les boites en carton Nutriset en un sommier qui se monte en découpant simplement les cartons sans couteau.
  • Le Mast Humidifier de Shin Okada ressemble à un bateau et parfume la maison sans électricité
  • Les tabourets Momo de Luciana Gonzalez qui donne une 2ème vie aux bobines de fil de téléphone.

… bref, des centaines d’innovations à voir avant le 31 mars 2013