La nature : notre prochain livre pour innover

A l’agence, nous aimons  des tutoriels courts pour expliquer simplement les innovations et les nouveaux concepts : l’interview d’Idriss Aberkane, professeur à Centrale Supélec nous donne la définition du biomimétisme et de ses principes à travers des exemples très rigolos. 30 minutes de plaisir…….

La transformation du capitalisme

Le capitalisme multiforme est une nouvelle fois en phase d’adaptation.

Il faut lui reconnaître une exceptionnelle capacité d’évolution qui explique pour beaucoup son apparente victoire par KO sur tous les autres systèmes économiques.

Les potentialités dégagées par les innovations et les défis qui se présentent (mondialisation – fin des énergies fossiles – réchauffement climatique – démographie – Interconnexions) touchent toutes les structures quelles que soient leur taille, leur localisation, leur activité, leur positionnement. La question n’est plus : « faut-il plonger dans l’océan des changements à venir mais plutôt comment nager ? »

Historiquement, le capitalisme a d’abord été familial, puis industriel ; il est devenu transcontinental et financier.

Ainsi que le démontre André Gortz[1], la séparation du travailleur et de son outil de travail, la division du travail, qu’elle relève du taylorisme ou des soviets, est à l’origine de la surproduction et de la surconsommation.
–   Surproduction car chacun n’a plus la conscience de l’entièreté de son « ouvrage ».
–   Surconsommation car les produits achetés deviennent de nouveaux repères qui nous positionnent sociologiquement les uns par rapport aux autres.

Daniel Cohen a expliqué le stade ultime de la division du travail. Les fonctions de l’entreprise sont maintenant éclatées dans le monde poussant à son maximum la perte d’identité des entreprises qui ne font plus chacune que des « morceaux de valeur ajoutée ». Le bureau d’étude est dans un pays, la fabrication dans un autre, le service consommateur dans un 3ème sans que l’ingénieur ne croise plus le responsable RH ou l’ouvrier ou le service après-vente.

Cette analyse concerne beaucoup et de très grandes entreprises dont les marques nous sont familières. Pourtant, il est difficile et réducteur de parler des entreprises en général. Qu’ont de commun celles dirigées par des fonds d’investissement, filiales de filiales, dont les salariés connaissent à peine ceux qui les dirigent, et celles qui composent le capitalisme patrimonial.

Les dirigeants des premières ne sont que de passage, quelques années le temps de prendre ce qui est à prendre puis de revendre l’entreprise par appartement. (Le départ de Michel Bonnet, pdg d’Alcatel Lucent, en est l’exemple type.)

Les secondes ont un seul objectif, qui supplante tous les autres, la pérennité …. Ce qui est l’opposé de l’immobilisme.

Ainsi, selon le principe Darwinien de sélection des espèces, ce ne sont pas les entreprises les plus grosses ni les plus rapides qui survivront mais celles qui sauront s’adapter au nouveau monde.

Quand il n’est pas étranglé par des donneurs d’ordre, le capitalisme dans sa forme patrimoniale dispose intrinsèquement des ressorts nécessaires à l’évolution. Ces mêmes ressorts, ces mêmes méthodes pratiquées maintes fois permettent de nouveau à ces entreprises de créer de nouveaux produits ou services, d’imaginer de nouveaux modèles économiques pour survivre à la 3ème révolution industrielle.

Cette recherche de pérennité amène des comportements très « durables » qui trouvent leur pendant dans le monde du vivant :
–   Optimiser plutôt que maximiser
–   Evoluer en permanence mais éviter les changements brutaux
–   Collaborer plutôt que combattre
–   Rentabiliser toute dépense
–   Ne consommer que ce dont on dispose
–   Faire des réserves en prévision des temps difficiles
–   Etre multitâche
–   Collaborer
–   Grandir ensemble
–   Réutiliser

Le capitalisme va survivre, sous une nouvelle forme, que nous voyons biomimétique pour que l’économique soutienne le social et l’environnemental.


[1] André Gortz « Ecologica »

Les algorithmes naturels définis par Bernard Chazelle

Je vous invite à découvrir la vidéo de Bernard Chazelle qui nous explique simplement comment la nature va nous aider à progresser dans la connaissance et le développement des algorithmes que l’on utilise tous les jours…

Si on réfléchissait 5mn à ce que « innover » veut dire France Culture

Prenons le temps de revenir aux fondamentaux et vérifier le sens du mot innovation que nous pratiquons quotidiennement à l’agence. Le philosophe Pierre-Damien Huyghe et Xavier de la Porte nous en donnent l’occasion ici. Cet article nous rappelle que la différence essentielle entre l’innovation et l’invention, c’est que la première permet de changer le mode opératoire, la façon de réaliser quelque chose, d’obtenir un résultat et que la seconde s’intéresse au résultat qui doit être nouveau.

Le biomimétisme est donc une science qui amène à la fois des inventions et des innovations. Il suffit de bien définir au préalable le but recherché.

Toile araignee

 

Prenons deux exemples : La future production de soie d’araignée sera une innovation car elle permettra de fabriquer des cordages ayant les mêmes caractéristiques que les cordes que nous utilisons aujourd’hui.

 

feuille

Les cellules photovoltaïques imitant les cellules des feuilles seront une véritable invention car elles n’exstent pas aujourd’hui.

arbre

Du point de vue de StrateGo, toute innovation ou invention doit avant tout et à la fois rendre service à l’homme et respecter la planète.

Les solutions simples pour compenser le gaspillage d’énergie des data centers

James Glanz, journaliste spécialisé dans les Sciences au New York Times , a chiffré, dans son article publié en septembre 2012 « Internet, un danger pour la planète », les énormes quantités d’énergie consommées par les data centers pour offrir à chaque utilisateur de l’Internet, à toute heure du jour et de la nuit, les informations qu’il recherche. Il détaille les raisons pour lesquelles l’avenir de ses serveurs ne sera pas remis en question de sitôt : forte demande d’accessibilité permanente des données par les utilisateurs de l’Internet, meilleure planification et meilleure rentabilité de l’achat et de la revente d’électricité par les fournisseurs d’électricité, car les besoins des data centers sont essentiellement concentrés pendant la journée ( ils peuvent alors revendre la nuit l’électricité achetée mais non consommée par les data centers ). Article pas vraiment optimiste !

De prime abord, on peut se dire que le consommateur final est vraiment un enfant gâté et qu’il est le premier ennemi de son écosystème. Mais les immenses avancées que nous ont permis l’Internet en matière d’échanges d’information, de partage de connaissances, d’ouverture sur le monde et de transparence nous feraient presque oublier cette gabegie d’énergie et l’inefficience de cette industrie.

Le client est roi !

Alors, en attendant de trouver une autre solution plus pérenne, pourquoi ne pas chercher à valoriser toute cette chaleur produite pour rien ! On chaufferait de l’eau pour alimenter le chauffage des bureaux, des usines et des habitations publiques et privées, pour la piscine municipale, on ferait pousser des plantes dans des serres, on nettoierait des locaux…..

Certains y ont déjà pensé, mais ça n’est pas encore généralisé.  planche-datacenter-celeste

 

En agissant de la sorte, on met en application concrètement la raison d’être de toute forme de vie sur terre : dissiper l’énergie. François Roddier, astrophysicien et spécialiste de la thermodynamique de l’évolution, nous explique simplement que l’objectif de la vie sur terre est de dissiper l’énergie en la transformant en chaleur. Cela en évitant que le phénomène ne s’emballe : il ne doit pas y avoir surchauffe au risque de voir disparaître la vie.

Tout système naturel maitrise ce risque en favorisant le transfert de cette chaleur produite vers des zones froides : les geysers, les tempêtes, le Golf Stream, ou encore les végétaux qui absorbent l’énergie solaire pour se développer et produire des sucres grâce à la photosynthèse ; et si on recherche des exemples plus proches de nous, les jeunes enfants qui crient et courent dans la cour de l’école pendant la récréation pour évacuer toute l’énergie qu’ils ont accumulé pendant le cours, ou encore les crises économiques.

Avez vous d’autres idées pour utiliser toute cette énergie gaspillée par les data centers ?

 

 

Des entrepreneurs locaux qui conjuguent économique et écologique avec succès et bonheur

Le professeur Gilles Boeuf , récemment interviewé par l’Institut Inspire, place l’Entreprise au coeur des changements que nous devons entreprendre pour régler les problèmes environnementaux actuels. La clé de voute pour réussir est, selon lui,  » une union étroite entre chercheurs, ingénieurs et entreprises  » et plus simplement encore  » l’Humain « . Nous partageons cette idée au sein de l’agence. Pour illustrer cette notion, vous montrer que l’économique peut rimer avec écologique, et surtout que ce mariage est source de plaisir et d’innovations sans cesse renouvelées pour l’homme, voici la présentation de 2 entrepreneurs locaux que j’ai rencontré à l’IRCE lors de la clôture d’une de leurs formations. Maximilien Piteau, le fondateur de la société Avenir Bois Construction, propose des constructions en ossature bois d’origine locale et uniquement locale ! Il vous explique très vite que les bois exotiques, ça ne l’intéresse pas du tout car il ne veut pas que ces enfants lui reprochent d’avoir détruit la planète. Maximilien mettra toute son énergie pour convaincre ses clients et trouvera toujours les bons arguments et un bon compromis pour ne pas déroger à cette règle. Son équipe est d’ailleurs un moteur infaillible et une ressource sans limite d’ingéniosité et de plaisirs partagés : c’est en créant de nouveaux outils pour répondre aux particularités et à la complexité d’un chantier que son équipe se motive. Un cercle vertueux et une belle alchimie ! Philippe Million, le gérant de la société Everest Isolation, cherche à diversifier les matériaux qu’il utilise pour isoler les bâtiments de ses clients non seulement par souci de rentabilité mais aussi pour assurer la pérennité de son approvisionnement et proposer des produits de plus en plus performants. Aucune notion écologique dans tout ça pour l’instant ! Philippe propose les produits isolants classiques comme la laine de verre minérale et la laine de roche pour leurs propriétés isolantes. S’il propose la fibre de bois et la ouate de cellulose, c’est d’abord parce que leurs performances sont encore meilleures que les deux premiers isolants et qu’elles sont plus adaptées aux techniques de pose employées par sa société. Il utilise l’argument écologique dans un second temps : pour les deux premières, elles sont fabriquées à partir de sources minérales naturelles abondantes et recyclables à l’infini. Pour les deux autres, le bois et le papier recyclé nécessitent en plus peu d’énergie pour les fabriquer. C’est parce que Philippe est curieux, qu’il n’a pas peur de découvrir de nouveaux horizons, qu’il réussit à allier économie et écologie. Il teste de nouveaux isolants comme la laine de mouton, les vêtements usagés ou les déchets de la distillation de lavande, qu’il trouve facilement dans son environnement local. En y regardant de plus près, et en guise de conclusion, c’est la Nature qui leur propose la meilleure solution ! On peut dire que la démarche de ces deux entrepreneurs est totalement biomimétique !………….