Marre d’être schizophrène ?

Le capitalisme s’empare maintenant du développement durable entamant ainsi une nième mue.

« Enfin ! » diront certains, « hypocrites ! » diront les autres. Si le monde économique revoit ses modèles c’est peut-être par pur opportunisme pour quelques-uns car « c’est tendance » mais c’est aussi par nécessité pour d’autres …. et pourquoi pas ….. par conviction pour quelques uns.

Si on leur laissait le bénéfice du doute à ces entrepreneurs, à ces cadres qui eux aussi se désintoxiquent de 30 ans de réussite exclusivement mesurée à l’aune de la performance financière à court, à très court terme.

Considérons simplement que ces décideurs sont aussi des citoyens, des parents, des consommateurs, sans être des « kmehrs verts », ils constatent eux-aussi que l’on va dans le mur, la vulgarisation des problèmes de pollution, de pénuries des ressource et de réchauffement climatique sont expliqués chaque jour par les media, de la presse aux blogs en passant par la radio et la télévision. Tous les organes de presse décortiquent et débattent de la question au gré des événements organisés ou subis (catastrophes naturelles) avec, en sus, la formidable résonance qu’apporte l’Internet.

Nous voyons bien « qu’il faut tout changer pour que rien ne change[1] », changer mais on ne sait pas comment et chez beaucoup, le bon consommateur et le mauvais citoyen s’affrontent. Ainsi que le démontre Robert Rochefort dans son ouvrage [2], il nous est bien plus agréable de réaliser des actes d’achat et de prendre des décisions qui ne contrarient pas nos attentes et nos convictions profondes. Petit à petit, chacun mène sa cure de désintoxication et arbitre à chacun de ses achats, local ou bio ? / réparable mais cher / fabriqué en France ou équitable ? Nous arbitrons tous ces choix d’acheteurs en nous arrangeant avec notre conscience, avec nos informations avec nos contraintes.

Ainsi, personnellement et professionnellement nous changeons, sous la pression de prises de conscience et d’information, sous la pression des contraintes économiques et des obligations, nous changeons.

Personne n’achète par plaisir un produit qui n’est ni solide, ni réparable, dont il sait que les conditions de production et de destruction sont problématiques. En revanche nous faisons tous quotidiennement l’expérience d’une certaine auto-satisfaction quand nous avons pu arbitrer et choisir le produit ou le service qui satisfaisait simultanément plusieurs attentes et ne contredisait pas nos convictions.

[1] Dixit  Giuseppe Tomasi di Lampedusa  dans « le Guépard »

[2] Le bon Consommateur et le mauvais citoyen – Robert Rochefort – Ed° Odile Jacob

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