Charlotte Perriand innovait-elle selon une demarche Biomimetique ?

Non bien sur ….. ou plutôt …. Oui bien sur. Oui mais sans qu’il lui soit nécessaire de dénommer ainsi sa démarche, juste parce qu’elle relève du bon sens, tout comme le biomimétisme.

Inventer des meubles en tirant parti des matériaux et des savoir-faire locaux, c’est ce qui transparait de façon éclatante dans l’exceptionnelle exposition « Charlotte Perriand et le Japon » qui lui est consacrée jusqu’au 26 mai 2013 au Musée d’Art Moderne de Saint Etienne dans le cadre de la Biennale du design.

En 1940, Charlotte Perriand est invitée au Japon. Alors que ce pays veut s’ouvrir à la modernité occidentale, Charlotte Perriand n’aura de cesse de démontrer que l’innovation doit exploiter les matériaux et les savoir-faire locaux. Elle refuse de faire table rase du passé mais propose aux Japonais que leur ouverture à l’Occident se fasse sans nier les traditions « Regardez mais ne copiez jamais, inventez une modernité a partir de votre âme Japonaise ». Les meubles issus de cette confrontation actualiseront les formes traditionnelles avec des matériaux modernes ou, à l’inverse interprèteront des formes nouvelles à partir de matériaux locaux (chaise longue en bambou, cannage de sièges réalisé en tressant des feuilles comme les capes de pluie des paysans).

Bien avant la mondialisation commerciale, Charlotte Perriand aura permis la rencontre de cultures pour des enrichissements réciproques, c’est le propre d’une démarche qui accepte la confrontation pour favoriser l’innovation.

L’intitulé de sa première exposition à Tokyo en 1941 : Sélection – Tradition – Création, signe sa démarche, faire avec l’environnement, garder le meilleur, s’appuyer sur les habitudes pour imaginer des objets nouveaux, des solutions nouvelles. 

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