Quand l’économiste Esther Duflo devient conseillère du Président Obama

 

Esther Duflo l’économiste française, a un succès fou aux USA : le magazine FORTUNE l’a classée parmi les 100 femmes les plus influentes du monde et elle vient d’être nommée conseillère auprès du président Obama.

Et pour cause : à la différence de ses confrères économistes, Esther Duflo ne cherche pas seulement à élaborer une nouvelle et nième théorie pour expliquer les racines de la pauvreté. Après avoir fait les analyses et les constats, elle continue à aller de l’avant en testant sur le terrain des solutions et vérifier ainsi ses hypothèses.

 

Le pourquoi et le comment !

Le premier objectif de ses recherches est le même que pour tout autre économiste : décrypter le fonctionnements des systèmes économiques mondiaux et trouver les raisons à l’origine de leurs dysfonctionnements. Ou plus simplement : le pourquoi !

Son originalité réside dans le mode opératoire qu’elle emploie : elle vérifie sur le terrain la véracité de ses hypothèses et cherche des solutions aux problèmes qu’elle rencontre. Elle essaie de répondre à la question : comment ? en restant pragmatique, très opérationnelle, en recherchant le côté utile et l’efficacité des résultats. Elle a choisi entre l’efficience de son travail et sa notoriété personnelle. Elle ose prendre le risque que ses hypothèses soient fausses : cette méthode d’essais sur le terrain lui permet d’aller jusqu’au bout du métier de scientifique.

 

La technique des essais-erreurs

Elle lui permet surtout de coller aux caractéristiques de l’économie aujourd’hui mondialisée, qui est devenue complexe. au sens propre de ce mot. Un système complexe se définit par plusieurs caractéristiques dont deux nous intéresseront particulièrement ici. En premier lieu, tout système complexe intègre son environnement et les perturbations qu’il subit. Dans notre économie mondialisée, il est aisée de comprendre que les perturbations dans un pays impactent rapidement l’économie des autre pays.

La deuxième caractéristique du système complexe réside dans sa capacité d’auto régulation. Les citoyens du monde nous prouvent au quotidien qu’ils sont capables, à force de créativité, de réguler l’économie.

Pour illustrer ces deux idées, intéressons-nous au domaine de prédilection d’Esther Duflo, la lutte contre la pauvreté dans le monde. Les hypothèses que le chercheur va formuler sur le comportement d’un citoyen pauvre ne sont pas automatiquement celles que la personne réellement pauvre prendra au quotidien, car l’environnement et les priorités de ce dernier sont, quand on y regarde à deux fois, logiquement différentes de celles auxquelles le chercheur pensera. Il peut difficilement se mettre à la place du citoyen pauvre. Trop de paramètres, qui ne sont pas tous connus du chercheur au moment de son analyse, peuvent influencer la prise de décision du citoyen pauvre.

En testant en permanence les hypothèses sur le terrain, Esther Duflo peut en vérifier la pertinence très aisément tout au long du processus de recherche. Sa méthodologie « colle » à la réalité changeante de notre monde en pleine mutation.

 

Des qualités pédagogiques

Enfin, Esther Duflo possède indéniablement des qualités pédagogiques en démystifiant l’image de l’économiste, qui apparaît si souvent aux yeux de chacun comme un expert difficile à comprendre et dont les explications de texte sont réservées aux initiés. Quand elle utilise le terme de plombier pour définir son métier, ce n’est pas anodin : tous les non spécialistes comprennent très aisément de quoi elle veut parler. Même si le terrain de jeu de l’économie n’est rien moins que le monde entier, en utilisant des images très simples et communes à tous, elle rend cette science abordable et sexy ! Elle donne envie d’en savoir plus ! Un très bel exemple d’optimisme !

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